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Mappemonde sur fond vert charte graphique 2013 © Arnaud Veldemann

Une stratégie internationale

Les métaprogrammes : orienter et organiser la recherche agronomique pour des enjeux globaux

Trois questions à François Houllier, directeur général délégué à l'organisation, aux moyens et à l'évaluation scientifiques.

Mis à jour le 21/02/2013
Publié le 14/04/2011

Pourquoi mettre en place des grands programmes à l’Inra ?

Le lancement des métaprogrammes répond d'abord à une exigence d'interdisciplinarité et de cohérence des recherches menées par l'Institut : il est en effet attendu de l'Inra, organisme de recherche finalisée, que sur des grands enjeux scientifiques qui le concernent, il soit capable de produire, assembler, intégrer et diffuser les connaissances utiles tout au long du continuum allant des connaissances fondamentales aux applications. L'évaluation de l'Inra et de plusieurs de ses départements ont pointé que nous avions là des marges de progression et que la capacité de l'Institut de mobiliser des disciplines distinctes autour d'objets communs était à la fois un atout et une opportunité.
Cette exigence est d'autant plus prégnante que les défis de la recherche agronomique sont plus aigus et mieux perçus par la société et que l'évolution des sciences et des technologies est plus rapide. Ce besoin d'intégration n'est propre ni aux domaines de l'alimentation, de l'environnement et de l'agriculture, ni à la France. Qu'il s'agisse des relations entre agriculture et changement climatique, ou entre agriculture et biodiversité, des questions de sécurité alimentaire et de transition nutritionnelle, de l'usage des terres, ou encore des développements et applications de la génomique animale, microbienne ou végétale, nous constatons la montée en puissance de dispositifs communs pilotés par des agences et des organismes de recherche ou émanant de la communauté scientifique elle-même : initiatives de programmation conjointe, plates-formes et infrastructures expérimentales partagées, grands programmes fédérateurs, consortium internationaux…
C'est dans ce contexte que les métaprogrammes sont lancés, avec deux buts complémentaires : d'une part, appréhender des grands défis scientifiques en mobilisant de façon coordonnée des chercheurs autour d'enjeux cognitifs ou appliqués ; d'autre part, anticiper et accompagner la programmation des agences de financement de la recherche en France, en Europe ou dans le monde sur ces mêmes sujets. C'est bien l'ambition d'aller au-delà des programmes classiques, souvent limités à la conduite en parallèle de projets disjoints, qui est mise en exergue par le préfixe "méta".

Cette exigence de cohérence, de transversalité et d'intégration n'est cependant pas exclusive, si bien que c'est un modèle mixte qui est envisagé avec la coexistence, d'une part, des métaprogrammes et, d'autre part, de modalités plus classiques de conduite des recherches.

Comment les chercheurs vont-ils y être associés ?

Il est essentiel que les scientifiques de l'Institut, chercheurs, ingénieurs et techniciens, soient impliqués dans ces métaprogrammes à plusieurs titres et à plusieurs étapes.
Tout d'abord, dans l'identification des orientations et des questions de recherche : réaliser des états de l'art, élaborer des réflexions scientifiques prospectives, anticiper des verrous de connaissance ou méthodologiques, identifier des sujets émergents ou orphelins mais critiques est ainsi nécessaire. Ensuite, dans la proposition d'idées et d'actions de recherche : s'il ne s'agit pas de lancer des appels à propositions classiques, parce que ces appels ont tendance à fragmenter les recherches en projets distincts mal, voire pas, connectés entre eux, il est néanmoins essentiel de solliciter l'imagination et la créativité des scientifiques.
Ensuite, dans la reformulation et l'ingénierie de ces projets : puisque la cohérence est recherchée, il doit être possible de reformuler les propositions et de mettre en relation celles qui sont connexes les unes avec les autres.

Dans la conduite des projets, bien sûr, puisqu'il s'agira bien, in fine, de produire et partager des connaissances, des concepts, des méthodes et des outils nouveaux, bref de "faire de la recherche".

Enfin, dans la diffusion des connaissances et dans leur transformation en savoirs et savoir-faire, en interaction avec des partenaires et par la confrontation avec les attentes et les pratiques des acteurs. Ces partenaires peuvent être d'autres chercheurs, notamment étrangers, intéressés par les mêmes défis scientifiques et par la création de synergies ou de complémentarités, ou des porteurs d'enjeux techniques, sociétaux ou économiques impliqués dans la formation, dans l'élaboration de politiques publiques ou dans les processus d'innovation.

Quelle place est donnée à l’international dans les méta-programmes ?

Les méta-programmes, vecteurs de l'internationa-lisation des recherches de l'Inra.

La dimension internationale des métaprogrammes est essentielle. Ils seront l'un des vecteurs de l'internationalisation des recherches de l'Institut.Les domaines couverts par les métaprogrammes ont en effet vocation à concerner des enjeux majeurs de la recherche agronomique. De tels enjeux se caractérisent souvent par leur caractère global ou partagé (c'est, par exemple, le cas de l'adaptation au changement climatique) ou par la nécessité de coordonner, répartir et fédérer entre pays les efforts et les ressources qu'aucun n'est capable de mobiliser de façon isolée (c'est le cas des recherches précompétitives sur la métagénomique des écosystèmes digestifs, ou de l'exploration de la diversité microbienne des sols) ou par l'intérêt de mettre en regard des situations différentes (c'est le cas du développement rural).
Il est ainsi prévu que chacun des métaprogrammes ait une dimension internationale. Celle-ci pourra prendre des formes variées : être centrée sur l'Europe ou mettre en réseau des équipes de différents continents ; contribuer à, ou susciter, une initiative de portée mondiale. Articuler des métaprogrammes de l'Inra avec des initiatives d'autres organismes, notamment étrangers, sera donc un critère de leur succès.

Une autre dimension internationale des métaprogrammes résidera dans la constitution des comités internationaux qui joueront un rôle moteur dans l'évaluation et la sélection des actions ainsi que dans la prospective scientifique et l'identification des partenariats stratégiques.