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Agriterris : un réseau pour réinventer la coopération internationale

Né fin février 2007 sur le terreau d’une longue coopération entre l’Argentine et la France, à laquelle s’est ajouté par la suite le Brésil, le laboratoire Agriterris évolue : désormais, il s’agit d’un Réseau de Recherche International (2RI). Ce 2RI est l’un des pilotes dans la politique de l’Inra à l’horizon 2025. Mais qu’est-ce que cela change ? Qu’est-ce que ce réseau apporte concrètement ?

Dans la pampa du Rio Grande do Sùl (Brésil), un chercheur de l’Université de Porto Alegre discute avec un éleveur et un ingénieur conseil du SIA (Serviço de Inteligência em Agronegócios) des effets positifs de la diversité des structures de plantes sur l’appétit chez les vaches.. © INRA, MEURET Michel
Par Anaïs Bozino
Mis à jour le 07/09/2017
Publié le 28/08/2017

« Transformer Agriterris en 2RI nous permet de lui donner de la visibilité et de la reconnaissance » nous explique le directeur de recherche Christophe Albaladejo, qui a eu un rôle moteur dans la création de ce réseau. Agriterris a été évalué entre 2012 et 2015 selon une procédure mise au point par un Comité de Pilotage composé de l’Inra, de l’Inta (l'institut de recherche agronomique de l'Argentine) et de l’Université de La Plata (par délégation des autres partenaires d’Agriterris). Cette évaluation a été réalisée par une commission internationale composée de chercheurs indépendants des États-Unis, de l’Uruguay, du Brésil, de France et d’Argentine. Elle a conclu que le laboratoire Agriterris agit comme un catalyseur de recherches et un moteur de développement à travers la formation des acteurs des territoires. À la suite des recommandations de l’évaluation, il a été décidé de l’institutionnaliser en le transformant en 2RI. La commission a également suggéré de renforcer le pôle brésilien, notamment en augmentant dans ce pays la taille du dispositif de recherche. Enfin l’évaluation a conforté Agriterris dans ses nouveaux objets de recherche et notamment ceux sur les liens entre l’agriculture et les villes moyennes ainsi que sur les politiques publiques. La commission a également souligné l’originalité des liens entre recherche et formation tels que les pratique Agriterris et elle a proposé de continuer à développer ce volet.   

Faire tomber les idées reçues

L’hypothèse centrale d’Agriterris depuis 2009 est que plusieurs types d’agriculture (industrielle, entrepreneuriale, paysanne, bio…) sont en coprésence non seulement dans les mêmes territoires mais aussi dans les politiques publiques, dans la recherche, dans les représentations de la société et dans les marchés, bien que cette coprésence ne débouche pas toujours sur une cohabitation harmonieuse et requiert une ingénierie complexe, agronomique, institutionnelle, sociale… « Pour des raisons diverses (d’occupation de l’espace, de production de devises, de poids politique, de souveraineté alimentaire, etc.), l’Argentine, le Brésil et la France ont toujours accordé une place de choix à l’agriculture dans leur société » précise Pierre Gasselin, chef de département adjoint Sciences pour l’Action et le Développement (SAD). La comparaison entre ces trois grands pays agricoles permet de faire avancer la recherche sur cette question et surtout, d’étudier des modèles différents, tout en étant sur le terrain. « Nous avons besoin de connaître directement la situation des autres grands pays agricoles, et eux aussi ont besoin de mieux comprendre la nôtre, et pas seulement en lisant des études écrites par nous. Par ailleurs le contexte latino-américain est un contexte scientifique important pour nous, il est une source considérable d’idées » expose Christophe Albaladejo.

Quand formation rime avec action

Pour valoriser le lien avec l’enseignement, Agriterris a créé une formation, qui représente un réel potentiel d’action et de recherche. En effet, c’est dans le cadre de ce projet qu’une « Maestría » (l’équivalent d’un Bac +7) a été créée en Argentine. De l’ingénieur agronome aux vétérinaires en passant par les sociologues et les travailleurs sociaux, ces deux années de formation accueillent des Bac +5 qui exercent pour la plupart d’entre eux un travail à côté, mais à qui leurs employeurs ont donné du temps pour assister aux cours et participer pendant deux ou trois ans aux recherches d’Agriterris. « C’est une véritable arène de production de recherche : des centaines de thèses et de mémoires sont produits. Ce master constitue une force importante de recherche, et soude la communauté de chercheurs d’Agriterris » explique Pierre Gasselin​.

Ils repartent dans leur pays avec cette proximité intellectuelle

Par ailleurs, dans le cadre du Labintex, un laboratoire hors des murs de l’Inta, des chercheurs expérimentés argentins sont envoyés en France, non pas pour faire une thèse ou un postdoc, mais pour développer leurs propres lignes de recherche en collaboration avec les instituts de recherche français. Ils prennent connaissance sur le terrain des courants de pensée de ces instituts, en interdisciplinarité (des sciences dures aux sciences humaines) comme au SAD. Ils repartent ensuite dans leur pays avec cette proximité intellectuelle et en ayant apporté depuis leurs trajectoires aux équipes françaises.

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

  • Christophe Albaladejo, directeur de recherche, co-directeur français d’Agriterris
  • Pierre Gasselin, chef de département adjoint Sciences pour l’Action et le Développement (SAD)
Département(s) associé(s) :
Sciences pour l’action et le développement

À propos de

Le rôle de l’Inra dans la formation du 2RI Agriterris

Dès son arrivée à l’Inra en 1982 en tant qu’Attaché Scientifique Contractuel (ASC), Christophe Albaladejo, alors en thèse en géographie et aménagement à l’Institut de géographie de l’Université de Grenoble, a compris l’intérêt de développer des recherches sur le développement en coopération entre la France et l’Argentine, et plus largement avec les pays de l’Amérique latine.

« L’Inra a une longue trajectoire de coopération avec l’Argentine. L’expérience de l’Inra à l’étranger complète les solides traditions de coopération que l’IRD (Institut de Recherche pour le Développement) et le Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement), ont accumulé, raison pour laquelle les trois organismes sont parties prenantes de ce Réseau de Recherche à l’International, aux côtés des collègues universitaires permettant de former une grande capacité de recherche mais aussi de capitaliser à tous les niveaux ! La coopération agricole française étant très importante, il est essentiel pour l’Inra d’être présent sur cette scène avec des actions de longue durée ».

Plus d’informations sur Agriterris

En savoir plus

Qui sont les partenaires ? 

À l’heure actuelle, ce sont dix partenaires qui se sont regroupés pour former le 2Ri Agriterris : l’Inra, l’Université de Toulouse II Jean-Jaurès, Montpellier SupAgro, le Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) et l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) côté français, l’Inta et les universités nationales de La Plata, Mar del Plata et du Sud côté argentin et l’Université Fédérale du Pará pour le Brésil.