Quelle contribution de l’agriculture française à la réduction des émissions de gaz à effet de serre ?

L’agriculture française contribue pour près d’un cinquième aux émissions de gaz à effet de serre (GES). En même temps, elle représente un potentiel de stockage du carbone. L’Ademe et les ministères chargés de l’Agriculture et de l’Environnement ont sollicité l’Inra pour réaliser une étude de l’agriculture française pour déterminer et analyser une dizaine d’actions portant sur des pratiques agricoles et susceptibles de favoriser le stockage de carbone par l’agriculture ou de réduire ses émissions de GES.

Etude 2013 : Quelle contribution de l'agriculture française à la réduction des émissions de gaz à effet de serre ? © PERROT Patricia
Par Mission communication
Mis à jour le 19/06/2014
Publié le 01/07/2013

L’agriculture peut participer à l’amélioration du bilan net des émissions de GES sur quatre plans :

  • la réduction des émissions de protoxyde d'azote  (N2O, puissant gaz à effet de serre produit par la transformation des engrais ou des déjections animales dans les sols cultivés) et de méthane (CH4, gaz à effet de serre provenant notamment des élevages) ;
  • le stockage de carbone dans les sols et dans la biomasse ;
  • l'économie et la production d’énergie à partir de biomasse (agrocarburants, biogaz qui réduisent les émissions en se substituant aux énergies fossiles) ;
  • la production de matériaux à partir de la biomasse.

Le cahier des charges de l’étude précisait que les actions éligibles devaient être basées sur des pratiques agricoles relevant d’une décision de l’agriculteur, induire une atténuation se situant au moins en partie sur l’exploitation agricole, ne pas remettre en cause le système de production de manière importante ni réduire le niveau de production de plus de 10 %. Pour chacune des actions retenues, ont été évalués le potentiel d’atténuation des émissions de GES et les coûts/gains, pour l'agriculteur, de la mise en œuvre de l'action.

Les dix actions examinées portent sur la gestion de l'azote (fertilisation azotée, légumineuses), des pratiques susceptibles de favoriser le stockage de carbone dans les sols et la biomasse (non-labour, agroforesterie, cultures intermédiaires et intercalaires, gestion des prairies), l'alimentation animale (rations réduisant les rejets azotés ou la production de méthane) et enfin la production et la consommation d'énergie sur l'exploitation (méthanisation, économies d'énergie fossile).

Ce travail a mis en évidence un potentiel d’atténuation important des émissions du secteur agricole via ces dix actions. L’ensemble des actions analysées conduirait à l’horizon 2030 à une atténuation annuelle cumulée représentant 32 millions de tonnes de CO2 équivalent selon la méthodologie utilisée par les experts. Toutefois, seule une partie de cette atténuation serait reflétée dans l’inventaire national des émissions de gaz à effet de serre. En effet, l’inventaire national 2010 ne permet pas de rendre compte de l’atténuation liée à certaines actions (par exemple aux émissions de méthane par les bovins suite aux modifications des rations alimentaires, ou au stockage de carbone lié au non-labour ou l’agroforesterie).

Cette étude devrait contribuer à faciliter la conception ou la réorientation de politiques publiques destinées à réduire les émissions de gaz à effet de serre dans le secteur agricole.

La restitution publique de cette étude a lieu le 2 juillet 2013.

Contact(s)
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Délégation à l'expertise, à la prospective et aux études (DEPE)
Couverture du rapport de l'étude : Quelle contribution de l'agriculture française à la réduction des émissions de GES agriculture;

Les documents de l’étude

En bref

Rapport complet

 

Partie I – Contexte et méthode

Partie II - Analyse des dix actions techniques

Partie III - Analyse comparée et conclusion