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Innover dans les pratiques agricoles pour améliorer la qualité nutritionnelle des aliments

L’Inra organisait le 30 mars 2011 un séminaire "Pratiques agricoles innovantes et qualités nutritionnelles des produits alimentaires", avec l'objectif d’établir le bilan des connaissances scientifiques actuelles concernant l’impact de pratiques agricoles sur la qualité nutritionnelle des produits végétaux (fruits légumes, céréales) et animaux (poisson, viande, lait). Ce séminaire s'inscrivait dans la réflexion d'un groupe de travail mis en place dans le Programme national de l’alimentation (PNA) pour évaluer les opportunités de développement et de valorisation de modes de production agricoles permettant d’améliorer la qualité nutritionnelle des produits. Béatrice Darcy-Vrillon, directrice adjointe du département Alimentation humaine de l’Inra, nous éclaire sur cette démarche.

Portrait de Béatrice Darcy-Vrillon. © inra, Ch. Maître
Par Mission communication
Mis à jour le 13/05/2013
Publié le 13/07/2011

En moins de 50 ans, l’évolution de la société a fortement distendu le lien entre consommateurs et agriculteurs. Parallèlement, producteurs et mangeurs ont pris conscience de la nécessité de s’orienter vers des modes de production et de consommation durables. Fort de ce constat, le ministère en charge de l’Alimentation a défini dans le PNA, présenté le 28 septembre 2010, un axe visant à l’amélioration de l’offre alimentaire.

Quels ont été les apports du séminaire "Pratiques agricoles innovantes et qualités nutritionnelles des produits alimentaires" à la réflexion correspondante menée par le groupe de travail du PNA depuis quelques mois ?

La question posée était très large puisque portant sur toute la chaîne alimentaire, depuis l’amont agricole, qu’il s’agisse de productions végétales ou animales, jusqu’à la prise en compte du consommateur pour qui l’enjeu est de préserver voire d’améliorer la qualité nutritionnelle de l’alimentation dans son ensemble.

Par ses activités de recherche, à la fois sur l’agriculture et sur l’alimentation, l’Inra a été à même d’éclairer cette question qui fait appel à des domaines d’expertise différents mais complémentaires : agronomie, sciences des aliments, nutrition animale et humaine, sciences économiques et sociales.

Nous avons choisi de mettre en perspective des connaissances déjà synthétisées dans des expertises collectives réalisées à l’Inra ("Fruits et légumes", "Comportements alimentaires") ou à l’Anses (sur la qualité nutritionnelle des produits issus d'animaux (1), en lien avec leur alimentation), et de mettre en exergue les questions encore posées à la recherche.

La possibilité d’obtenir une modulation des apports nutritionnels par des actions d’amont influant sur la composition des aliments a été discutée au regard de la situation nutritionnelle de la population française ou de groupes à risques spécifiques (par exemple les personnes âgées, ou atteintes de pathologies comme l’ostéoporose), pour cibler des nutriments critiques ou des situations particulières.

Ce séminaire a permis de faire l’état des connaissances scientifiques actuelles sur les modes de production agricole innovants des filières végétales et animales : dans quelle mesure peut-on influer sur la qualité nutritionnelle des produits en "jouant" en amont sur les modes de production ?

La plasticité des matières premières biologiques qui rentrent dans la composition des aliments est connue et déjà bien documentée. On peut citer le lait ou la viande dont la composition en nutriments d’intérêt, par exemple certains types d’acides gras, est modulable par le mode de conduite d’élevage et d’alimentation des animaux.

Ensuite se posent d’autres questions :

  • quelle est la marge de manœuvre pour améliorer les aliments ? Leur amélioration ne doit bien sûr pas s’effectuer aux dépens des autres aspects de la qualité des aliments tels que la sécurité sanitaire ou la qualité organoleptique ;
  • en quoi l’amélioration d’un produit ou d’une catégorie de produits va-t-elle permettre une amélioration globale du régime alimentaire des consommateurs, ce dont in fine dépend leur statut nutritionnel et leur état de santé ?
  • et, au bout du compte, quel est le rapport coût-bénéfice ? Ceci fait appel à une évaluation pas seulement technique, mais aussi socio-économique.

La question de l’orientation de la demande des consommateurs vers les "bons" choix nutritionnels était au centre des débats : comment trouver des solutions conciliant les intérêts des producteurs, des filières, des pouvoirs publics et des consommateurs ?

L’alimentation, c’est quelque chose à quoi l’on est exposé toute sa vie, sur une longue période. L’apport nutritionnel réalisé par l’alimentation de chacun conditionne l’état nutritionnel, qui lui-même est un déterminant de l’état de santé.

Le régime alimentaire, considéré dans la durée, résulte de deux facteurs, que les économistes appellent d’une part la "demande", qui se traduit par les choix que chacun d’entre nous effectue, d’autre part "l’offre", qu’on peut définir comme l’ensemble des caractéristiques des produits mis sur le marché. C’est en jouant sur ces deux leviers qu’on peut espérer orienter l’alimentation dans un sens plus favorable à la santé. De plus, ces deux facteurs ne sont pas indépendants : s’il y a une modification significative de l’offre, cela peut faire changer les comportements des consommateurs. Et un gain même faible pour l’ensemble des consommateurs peut se traduire par un gain conséquent en termes de santé publique.

Des contrats collectifs d’engagement de qualité sont prévus par la Loi de modernisation de l’agriculture et de la pêche. Ces accords valoriseront des démarches collectives portant sur les qualités nutritionnelles, gustatives et environnementales des produits issus d’une filière agricole donnée.

Les discussions menées lors du séminaire ont mis en exergue l’enjeu de donner davantage de valeur économique à la partie amont de la chaîne alimentaire, de façon à ce que les producteurs puissent y trouver leur compte. La nécessité de réfléchir aux spécificités d’une communication générique sur le mode de production, pour valoriser les démarches agricoles innovantes, a aussi été soulignée.

En savoir plus :

(1) Consommation des poissons, mollusques et crustacés : aspects nutritionnels et sanitaires pour l’Homme, rapport Anses, décembre 2010 (PDF)

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

  • Béatrice Darcy-Vrillon, directrice adjointe du département
Département(s) associé(s) :
Alimentation humaine