Avis sur le bien-être des animaux d’élevage

Ce 7e avis du comité consultatif commun d’éthique pour la recherche agronomique a pour sujet le bien-être des animaux d’élevage. Il souligne que le bien-être animal doit constituer un des paramètres de l’élevage mais aussi l’une de ses finalités. Il s'agit également d'un objet de recherche en soi, devenu important aujourd’hui pour l’Inra et le Cirad, et amené à être renforcé.

Avis 7 du Comité consultatif commun d'éthique Inra-Cirad. © Inra
Mis à jour le 14/04/2016
Publié le 12/10/2015

L’avis résulte d’une auto-saisine du comité d’éthique : la question du bien-être des animaux d'élevage engage des formes ou des modèles sociaux à propos desquels les citoyens ont besoin d'être informés pour pouvoir se faire un avis. L’avis est clairement centré sur les animaux d’élevage. Les animaux de compagnie et ceux d’expérimentation ne font pas partie du périmètre.

Le comité d’éthique a choisi une définition large et positive du bien-être des animaux, non seulement comme l’absence de douleur, maladie ou souffrance, mais également comme « l’état dans lequel se trouve l’animal quand il peut exprimer les comportements naturels de son espèce ou quand il réalise ses aspirations ». En d’autres termes, le comité a mis en avant l’importance de maintenir les réseaux de sociabilité dans lesquels s’insèrent les vies animales, des réseaux qui concernent aussi bien les congénères que les hommes.

La question du bien-être animal concerne aussi la relation entre l’animal et l’homme, l’éleveur et ses salariés dans le cas présent, pour lesquels les conditions et la qualité de vie au travail sont liées à leurs relations avec les animaux et au bien-être de ceux-ci. L’idée des pratiques relationnelles, c’est-à-dire les stratégies développées par l’éleveur pour avoir des animaux avec lesquels les conditions de travail seront bonnes, constitue d’ailleurs un point fondamental dans une vision holistique des objectifs d’élevage et de l’organisation du travail.

Le respect d’un niveau de bien-être détermine à la fois l’acceptabilité des pratiques d’élevage, la reconnaissance du métier d’éleveur et la valeur des produits animaux destinés à la consommation. C’est une valeur en soi, en aucun cas justifiée par les seules considérations économiques, même si l’élevage est d’abord une entreprise avec des objectifs économiques à atteindre à court et à moyen termes. L’animal n’est pas seulement un objet, une « machine » selon la conception cartésienne, au service de certains de ces objectifs ; il doit exister aussi par lui-même ! »

L’avis formule 5 recommandations.

À la suite de cet avis

Réponse de François Houllier, président directeur général de l’Inra

Dans sa réponse, François Houllier souligne que l’investissement de l’Inra dans les recherches sur le bien-être animal est important et ancien, actuellement 3 départements et 2 métaprogrammes investissent ce domaine de recherche. Recherches qui ont un prolongement dans plusieurs programmes européens et avec le monde professionnel. Il affirme que « Fort de ces acquis et de cette dynamique, l’Inra fera siennes les recommandations du Comité d’éthique, ceci d’autant plus facilement que celles-ci correspondent, de façon générale, à une réaffirmation du bien-fondé de la stratégie de l’Institut. »

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