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Un avis bienvenu à l’heure du numérique et de la « science ouverte »

À l’occasion de la publication du 8e avis du comité d’éthique Inra-Cirad sur le partage et la gestion des données issues de la recherche, la direction générale de l’Inra fait le bilan de la politique Inra dans ce domaine, inscrite dans les enjeux actuels.

François Houllier, PDG Inra et Olivier Le Gall, directeur général délégué aux affaires scientifiques, Salon international de l'Agriculture 2015. © Inra
Par François Houllier, PDG Inra - Olivier Le Gall, directeur général délégué
Mis à jour le 10/04/2016
Publié le 06/04/2016

À la suite de sa saisine par les directions des deux établissements, le Comité d’éthique commun de la recherche agronomique vient d’adopter un avis sur la gestion et le partage des données de la recherche.

Cet avis est bienvenu à l’heure où l’alimentation, l’agriculture et l’environnement — comme tous les secteurs économiques et la société dans son ensemble — entrent dans l’ère du numérique, ainsi que l’a rappelé le rapport « Agriculture-innovation 2025 » pour une agriculture compétitive et respectueuse de l’environnement ; à l’heure aussi où l’organisation du libre accès aux publications et aux données devient partie intégrante des missions des organismes de recherche.

Les recommandations du Comité d’éthique vont donc nous permettre de franchir une étape supplémentaire dans l’élaboration, l’affichage et la mise en œuvre de notre politique de partage des données.

 « Science ouverte » et « big data » : une politique initiée dès 2009

Initié dès septembre 2009 et publié en juin 2012, le rapport « Gestion et partage des données » du Conseil scientifique de l’Institut avait mis en lumière les enjeux scientifiques et politiques de ce que l’on appelle désormais « la science ouverte » (open science) et « les mégadonnées » (big data) et qui concernent de nombreux domaines d’intérêt pour la recherche agronomique.

Sur la base de ce rapport, l’Institut a d’abord défini onze grands principes. Avec l’appui du comité directeur des systèmes d’information (CDSI), il a ensuite, en 2013, mis en place des groupes de travail dont l’objectif était d’approfondir ces principes et de les traduire en termes stratégiques et opérationnels, incluant différents volets, humains (compétences), organisationnels, juridiques, matériels, techniques ou méthodologiques.

Ce chantier « Data partage » a mobilisé une soixante de collègues, de l’Inra et du Cirad. Il a produit des analyses (notamment sur le patrimoine des données), des guides (par exemple, un guide pour faire un plan de gestion de données) et des services.

Aujourd’hui, l’appui à la gestion et au partage des données s’organise

Avec l’appui de la direction du système d’information, de la délégation à l’information scientifique et technique et la nomination d’un délégué à la transition numérique, chargé de coordonner les différents projets et actions scientifiques relatifs au numérique, l’Inra a ainsi poursuivi la construction d’une offre de services sur « la gestion et le partage des données », offre qui vient compléter l’effort engagé pour la diffusion large des publications grâce notamment à son archive ouverte ProdInra.

Cette offre, décrite sur l’intranet institutionnel, vise à fournir l’accompagnement nécessaire pour relever les défis scientifiques et économiques liés à l’acquisition massive et à l’ouverture généralisée des données, à leur repérage, leur qualification, leur stockage et leur accessibilité, ainsi qu’à l’utilisation par les équipes de l’Inra des données produites par d’autres établissements.

Partager avec discernement, harmoniser les politiques

toutes les données issues de la recherche ne peuvent être partagées sans discernement

Tout en reconnaissant l’intérêt général des politiques d’ouverture et de partage des données scientifiques, le Comité d’éthique rappelle que si les données scientifiques peuvent le plus souvent être apparentées à des « biens communs informationnels », « dont le traitement et l’interprétation peuvent conduire à de nouvelles connaissances », « toutes les données issues de la recherche ne peuvent être partagées sans discernement ».

Le Comité suggère ainsi de constituer et proposer un appui formel d’accompagnement des unités et des scientifiques, qui soit facilement consultable et favorise la construction de cette culture de partage des données. Il recommande aussi de reconnaître la valeur créative des activités qui sous-tendent cette ouverture et de mettre en œuvre les critères attendus en termes de qualité des données.

Enfin, le Comité d’éthique encourage l’Inra à poursuivre sa politique de concertation et d’harmonisation avec les autres établissements de recherche partenaires. Ce point est important à de multiples titres — la grande mixité actuelle des unités de recherche, la nécessaire réciprocité entre partenaires de la recherche et le fait même que la connaissance soit un bien commun. Ce besoin de concertation a par exemple motivé l’Institut pour être moteur dans l’organisation, dans le cadre collectif et ouvert d’Agreenium-IAVFF, du colloque « Partage des données en agriculture » qui s’est tenu à Paris le 4 septembre 2015. Il est aussi à l’origine de l’implication de l’Institut dans différentes actions internationales telles que RDA, « l’alliance des données de la recherche », ou l’initiative GODAN pour des données globales ouvertes sur l’agriculture et la nutrition.

Avis 8 du Comité d'éthique sur la gestion et le partage des données issues de la recherche. © Inra

En savoir plus

Enjeux éthiques et déontologiques de la gestion et du partage des données issues de la recherche

Le 8e avis du comité d’éthique Inra-Cirad traite des enjeux éthiques et déontologiques du partage et de la gestion des données de recherche : résultats d’expériences ou enquêtes, observations de terrain, images… Compris dans une logique de transparence de la démarche scientifique pour une « science ouverte », ce partage appelle une gestion de la qualité des données très rigoureuse, gage de leur fiabilité. La question de l’arbitrage de ce qui peut être partagé est aussi posée.

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