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L’évaluation de l’Inra : croiser les regards

Les chercheurs et ingénieurs, les unités et les départements scientifiques de l’Inra sont régulièrement évalués. Pour la première fois, un processus d’évaluation a également été mené sur l’Institut par l’agence d'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur, l’AERES. Mobilisant un comité international, il permet une mise en perspective des atouts et des axes de progrès de l’Institut dans un contexte de changements et d’attentes croissantes vis-à-vis de la recherche.

Melosira varians.. © Inra, DRUART Jean-Claude
Par Nicole Ladet
Mis à jour le 31/01/2017
Publié le 21/01/2010

Après l’Inserm, l’Ifremer, le Cemagref… c’est l’Inra qui vient ainsi d’être évalué par l’Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (Aeres), conformément au principe d’une évaluation des organismes publics de recherche fixé par la loi du 18 avril 2006. Ce processus intervient à une période charnière de la vie de l’Institut. En effet, après avoir fait évoluer son domaine de recherche pour aborder ensemble alimentation, agriculture et  environnement, il doit s’adapter à la réorganisation du système de recherche français engagée depuis quelques années, à une dimension de plus en plus internationale des questions scientifiques et des acteurs de la recherche et enfin, à une attente croissante de la société vis-à vis des éclairages et des réponses que peut apporter la science face aux grands défis du 21e siècle. "L’Inra devra être efficace, attractif et acteur à l’international", résume Marion Guillou, présidente de l’Institut. Cette triple ambition guidera en 2010 l’élaboration du prochain document d’orientation de l’Inra, "feuille de route" pour les années à venir, qui dessinera à la fois les orientations scientifiques et les évolutions de l’organisation.

Une évaluation externe à un moment clé pour l’Institut

Pour préparer ce document d’orientation et parallèlement à des chantiers scientifiques, une réflexion interne est menée sur l’organisation et le pilotage de l’Inra. Dans ce contexte, l’évaluation de l’Inra, qui s’appuie sur un comité international (voir encadré), constitue une analyse stratégique de la gouvernance de l'établissement qui éclaire les atouts et les pistes de progrès de l’Institut. L’évaluation de l'Inra a suivi la procédure générale fixée par l’Aeres qui comprend deux grandes étapes : la remise aux experts d’un rapport d’auto-évaluation, puis la visite d'un comité d'évaluateurs externes qui s’entretiennent avec les divers acteurs internes ou partenaires de l'Institut. Le rapport d’évaluation produit par le comité d’experts, et les commentaires de l'Institut sont ensuite rendus publics sur le site de l'Aeres. Pour élaborer son rapport d’autoévaluation, l’Inra a analysé en 2008 les lignes directrices proposées par l’Aeres et défini ses propres spécificités. En effet, le document guide de l’agence a été conçu principalement à l'attention des universités. Aussi certains développements, comme par exemple la "vie étudiante" n'étaient pas cohérents avec les missions de l'Inra. L’Institut a donc enrichi le cadre d’évaluation en faisant ressortir son identité, en particulier au niveau des partenariats et de la valorisation.

L’Institut fait son auto-évaluation

Plus de soixante contributeurs ont participé à cet exercice, le premier dans l’histoire de l’Inra. Les personnels de l'Inra ont été dans leur ensemble "curieux de la démarche et très motivés pour mener la réflexion". Selon Laurence Colinet, chargée par la direction d'animer l'évaluation, "l’avantage d'une auto-évaluation préalable à une évaluation externe, ajoute-t-elle, c’est que l’on apporte aux experts des éléments qui permettent d’éviter les contre-sens concernant l'organisation ou la stratégie. Ensuite, l’évaluation extérieure apporte du recul, et permet de se situer par rapport aux autres. Les deux exercices se complètent bien." Dans ce rapport, l’Inra fait ressortir l’importance de la veille scientifique et de la prospective pour l’élaboration de la stratégie, mais aussi la prise en compte des besoins des porteurs d’enjeux pour une meilleure pertinence socio-économique. Les résultats sont présentés dans leur diversité et leur richesse, en terme non seulement de production académique, mais aussi d’innovations, de diffusion de savoir-faire et d’expertise.

> Télécharger le rapport d'autoévaluation de l'Inra en français, PDF (2,57 MO) :  Rapport d'auto-évaluation 2009

> Télécharger le rapport d'autoévaluation de l'Inra en anglais, PDF (1,94 MO) :  Self-assessment report 2009

Le regard externe

L’évaluation de l’Inra par l’Aeres s'est déroulée en septembre 2009. Elle a été conduite par un Comité international d’experts, qui rassemblait des personnalités reconnues pour leurs compétences dans les champs d'intervention de l'Inra, et des experts au fait des évolutions du tissu socio-économique et de l'environnement académique français. Les interviews ont été conduites auprès de plus de quatre-vingts personnes. Ont ainsi été auditionnés, en sus du  personnel de l'Institut, des membres du Conseil d'administration, du Conseil scientifique et du Comité d'éthique. Des partenaires ont été également entendus pour apporter leur regard sur l'utilité de la recherche conduite à l'Inra pour le monde socio-économique, les collectivités territoriales, ou les politiques publiques alimentaires comme environnementales. Dans son rapport, le Comité d’experts souligne "la qualité de la production scientifique" de l’Institut et "l’aide qu’il apporte au dialogue science - société". Il apprécie "l’organisation centralisée au service d’une vision prospective et d’objectifs clairs", ainsi que les "très bonnes relations avec les parte naires du secteur agricole". Les recommandations visent avant tout à améliorer la visibilité de l'Institut, sur la scène internationale comme auprès de ses partenaires, en simplifiant sa structure organisationnelle, en renforçant les fonctions de prospective et d'évaluation, et en explicitant ses choix stratégiques. Autant de recommandations à travailler dans la perspective des orientations 2010-2014.

Le Comité d’experts était composé de :

  • Président : Rudy Rabbinge, professeur à l'Université de Waggeningen (NDL)
  • Nigel Brown, professeur à l’université d’Edimbourg, ex-directeur de la science au BBSRC, (UK)
  • Caird Rexroad, président adjoint, en charge de la recherche à l'USDA (US department of Agriculture)
  • Daniel Nahon, professeur à l'Université d'Aix Marseille III, directeur général de la recherche au ministère en charge de l’Éducation et de la Recherche
  • Jean Lemerle, professeur émérite des universités, ex-président de l’université Paris 6
  • Christine Cherbut, directrice du centre de recherches Nestlé en Suisse
  • Hubert de Mestier du Bourg, président honoraire de la chambre de commerce et d'industrie française au Japon
  • Christian Horgues, secrétaire général de l'académie de Rouen
  • Bernard Lacan, ancien président du directoire de Bongrain
  • Michel Van der Rest, directeur général du Synchrotron Soleil, ex-directeur des sciences de la vie au CNRS
  • Jacques Mathieu, directeur adjoint d'Arvalis