Inra-Inria, une interdisciplinarité féconde

Le 9 juin 2016, l’Inra et Inria ont renouvelé pour 4 ans leur convention de partenariat. La signature s’est déroulée à Saclay, à la suite d’un conseil d’administration de l’Inra tenu dans les locaux Inria. Ce partenariat, reconduit pour la 3e fois, se développe depuis 2005 et la prochaine rencontre scientifique entre les deux instituts a lieu les 6-7 octobre 2016 en Provence.

Signature d'un accord-cadre entre l'INRIA et l'INRA le 9 juin 2016.. © Bertrand NICOLAS - Inra, NICOLAS Bertrand
Mis à jour le 05/09/2016
Publié le 05/09/2016

Le partenariat Inra-Inria est déjà fécond comme aime le souligner François Houllier, alors PDG de l’Inra : « Avant de devenir partenaires, nous avions une ou deux publications communes en 1997. Nous sommes passés à 20 par an vers 2005-2006 et nous en sommes aujourd’hui à 40 par an »*. Le pilotage du partenariat s’attache à en évaluer régulièrement les résultats et des rencontres scientifiques entre les deux instituts sont organisées tous les 18 mois environ.

La complémentarité des approches et des domaines d’expertise des deux instituts permet de dénouer des verrous scientifiques. Antoine Petit, PDG d’Inria, explique qu’« Aujourd’hui, la collaboration avec l’Inra laisse toute sa place à la confrontation de nos savoir-faire spécifiques pour lever des verrous interdisciplinaires. […] Par exemple, le projet Pl@ntNet se base certes sur des techniques éprouvées de reconnaissance d’image, mais c’est sa finalité – la reconnaissance des plantes – qui a permis d’affiner les algorithmes pour les rendre encore plus performants. »* Cette recherche de complémentarité d’approches entre sciences de la vie et sciences du numérique que le partenariat veut encourager et faciliter est inscrite dans la stratégie de chacun des instituts.

Antoine Petit déclare encore « Au fond, nombreux sont ceux qui parlent de pluridisciplinarité mais assez peu en font réellement. Je suis convaincu que l’une des forces de notre collaboration avec l’Inra réside dans notre mode d’organisation en équipes projets. »* Une conviction que vient concrétiser la création d’une 4e équipe projet, sur la biodiversité, « Pléïade ». Basée à Bordeaux, elle sera co-dirigé par David Sherman (Inria) et Alain Franc (Inra). Des six équipes-projets déjà créées durant le partenariat précédent, trois d’entre elles sont toujours actives sur les plantes virtuelles (Virtual Plants, 2007-2018, Inra, Inria et Cirad), la formalisation de la représentation des connaissances et des raisonnements (Graphic, 2010-2016, avec Inra, Inria, CNRS et Université Montpellier II) et sur la lutte biologique et l’artificialisation des écosystèmes (Biocore, 2011-2018, avec Inra, Inria, CNRS, Université Nice-Sophia-Antipolis). L’Inra et l’Inria sont également associés dans deux Inria Labs sur la morphogénèse des plantes et sur la modélisation des cultures d’algues. Ils participent conjointement à une dizaine de groupements d'intérêt scientifique (GIS), à sept projets lauréats d’investissements d’avenir et plusieurs programmes internationaux tels qu’EuroMed 3+3 avec le Cirad.

Mais le nouvel accord ne s’arrête pas aux collaborations scientifiques. Il prévoit d’élargir le partenariat à l’appui de la science à travers l’open access (en s’adosssant à la plate-forme HAL), la valorisation et le transfert, l’éthique, et la collaboration des directions des systèmes d’information (DSI) à l’appui de la recherche.

* Propos recueillis à l’occasion d’une interview par l’AEF

Exemple de réussite

Pl@ntNet, première flore mobile numérique participative

Pl@ntNet est une initiative scientifique de grande ampleur, qui a, entre autres, développé une « flore mobile numérique » accessible à tous. Cette application contribue à une meilleure connaissance des espèces végétales et permettra, pas à pas, d’avoir une vue plus large de l’identité et la répartition géographique des plantes.
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Innovation dans l’analyse des publications

Deux outils performants et innovants

« Seule la combinaison du traitement de texte (CORTEXT, produit par l’Inra) et de sa représentation visuelle avec une très haute résolution (WILDER, créé par Inria) permet une analyse [des publications scientifiques] d’une telle profondeur », expliquait Guy Riba, lors d’une démonstration à Saclay à l’attention du Conseil d’Administration de l’Inra. Grâce à ces outils puissants et innovants, l’analyse comparée des publications produites par l’Inra et l’USDA pendant quarante ans permet de comprendre l’histoire et le fonctionnement de ces deux grands mammouths de l’agronomie.

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