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Colloque sur l'agriculture climato-intelligente à Montpellier. Mars 2015. © Inra, MAITRE  Christophe

Changement climatique : COP21, la recherche porteuse de solutions

L’Inra participe aux débats du Forum international « Agriculture et changement climatique »

Le 20 février 2015, à la veille du Salon international de l'Agriculture, et quelques mois avant la conférence des parties sur le climat qui se tiendra à Paris en décembre, le monde agricole a dessiné ses propositions de solutions pour faire face au changement climatique. Ce forum était organisé par le Centre national des Expositions et Concours Agricoles (Ceneca).

Par Eric Connehaye - Nicole Ladet
Mis à jour le 27/02/2015
Publié le 22/02/2015

Des impacts déjà importants sur l’agriculture et la sécurité alimentaire mondiale

Dans une première session consacrée au changement du climat, ses déterminants et ses conséquences pour l’agriculture, le point du vue des scientifiques était représenté par Jean Jouzel, CNRS, vice-président du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), et Jean-François Soussana, directeur scientifique Environnement de l’Inra. Le premier a rappelé « l'objectif est de rester dans le scénario + 2 degrés par rapport à l'ère pré-industrielle. On devrait pouvoir s'adapter ». Jean-François Soussana a souligné les impacts déjà importants sur l’agriculture et la sécurité alimentaire mondiale en rappelant par exemple que lors de l’été 2010 en Russie, un choc climatique a eu des conséquences directes sur les rendements et les prix agricoles. Jean Vettraino, Réseau Action Climat de Caritas France, exprimant le point de vue de la société civile, déclarait : « C'est dans les pays du Sud qu'il y a le plus de progrès à faire sur l'atténuation des gaz à effet de serre (GES) et l'adaptation de l'agriculture au changement climatique ».

« Avoir en décembre à Paris un vrai programme contre la désertification, pour la fertilisation des sols » a formulé Laurence Tubiana, Ambassadrice Climat, dressant une synthèse et un état des lieux des négociations COP21. Une table ronde a permis d’aborder ensuite les solutions et les acteurs pour un développement agricole compétitif et capable d’atténuer les émissions de GES. Parmi les solutions proposées, Paul-Antoine Sebbe, directeur général de SEDE (Veolia), a présenté le projet IRRI-ALT'EAU mis en œuvre à Pech-Rouge avec l’Inra pour une irrigation maîtrisée de la vigne. Jean-Christophe Gouache, directeur à l'international Limagrain, a décrit Phénome (phénotypage haut-débit végétal), un projet Inra - Arvalis pour sélectionner des plantes plus résistantes vis-à-vis des stress environnementaux. Bruno Dufayet, éleveur, soulignait « Derrière le bon-sens agronomique, il doit y avoir présente la notion de progrès ».

Nous avons besoin de plus de recherche appliquée

La dernière partie de cette journée était consacrée au rôle des politiques publiques. Jose Graziano da Silva, directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) déclarait en introduction de cette séquence : « nous avons besoin de plus de recherche appliquée ». S. Zokwana, Ministre de l’agriculture en Afrique du Sud a témoigné de son engagement « Nous nous battons pour la sécurité alimentaire, contre le gaspillage alimentaire ». Tout comme S. Dijksma, Ministre de l’Agriculture aux Pays-Bas : « Nous sommes parmi les premiers soutiens de l'agriculture climato-intelligente » et Aziz Akhannouch, Ministre de l’Agriculture et de la Pêche Maritime du Maroc : « Avec le plan Maroc Vert, nous avons réduit le gaspillage de l'eau de 400 000 m3 ». A. Nouri Ministre de l’Agriculture en Algérie a souligné « Le projet barrage vert (8 millions ha – 1 200 km) date de 70. C'est dire la perception précoce de ces problématiques. »

Xavier Beulin, président de la Fnsea poursuivait « il nous faut une vision commune entre nos besoins de recherche et leur mise en œuvre concrète par agriculteurs ». Stéphane Le Foll, Ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt a rappelé l’ambition « Une agriculture durable, à la hauteur des enjeux économiques et qui participe à socialiser les territoires ». Et déclaré : « Il faut multiplier par deux le stockage potentiel du carbone dans les sols européens ». François Houllier, président directeur général de l’Inra notait « Une énorme attente vis-à-vis de la recherche et de la communauté scientifique ».

Ce qui sera démontré au salon, c'est ce qu'il y a de meilleur dans l'initiative humaine.

Laurent Fabius, Ministre des Affaires Étrangères et du Développement International citait ensuite Ban Ki-Moon « il n'y a pas de plan B, parce qu'il n'y pas de planète B ». Xavier Beulin citant de Gaulle « La France ne serait pas la France sans la grandeur » a assuré que « La France peut sortir grandie de la COP21 ». En conclusion de ces échanges, François Hollande déclarait que ce forum a été une « preuve que le monde agricole assume ses responsabilités face au désordre climatique ». Il a poursuivi : « Le désordre climatique a toujours été dans l'histoire un enjeu pour la paix et la sécurité ». Parmi les axes possibles, il a cité « La recherche publique doit être libre en Europe, dans la limite de nos lois » et « Nous devons avoir une politique urbaine pour lutter contre l'artificialisation des sols ». Il déclarait enfin « Nous allons créer fin 2015 le fonds vert pour financer la transition énergétique des pays les moins avancés. » Et conclut : « Ce qui sera démontré demain au salon, c'est tout ce qu'il y a de meilleur dans l'initiative humaine. »