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Jalons historiques

L'Inra a été fondé en 1946 pour répondre à une demande sociale pressante "nourrir la France". Aujourd'hui, ses recherches concernent trois domaines fortement imbriqués : l'alimentation, l'agriculture et l'environnement avec l'ambition de développer une agriculture à la fois compétitive, respectueuse de l'environnement, des territoires et des ressources naturelles, et mieux adaptée aux besoins nutritionnels de l'homme ainsi qu'aux nouvelles utilisations des produits agricoles.

Mis à jour le 27/02/2013
Publié le 16/01/2013
Mots-clés :

Années 2010 : une "science pour l'impact"

En changeant le pas de temps de son document d’orientation, l’Inra se projette désormais sur une échelle décennale (2010-2020). Les problématiques étudiées par l’Institut sont désormais mondialement partagées et nécessitent un temps de structuration important. Au niveau disciplinaire d’abord, avec l’émergence de « nouvelles sciences », comme l’agro-écologie ou la biologie prédictive. Au niveau organisationnel ensuite, avec la traduction des enjeux agronomiques en programmes de recherche élargis. Pour cela ont été créés des métaprogrammes, qui mobilisent les compétences au-delà des « silos disciplinaires » traditionnels, qui gardent par ailleurs toute leur légitimité.  Six grands programmes ont d’ores-et-déjà été lancés  : gestion intégrée de la santé des plantes, gestion intégrée de la santé animale, adaptation de l’agriculture et de la forêt au changement climatique, méta-omiques des écosystèmes microbiens, déterminants et impact des régimes alimentaires, sélection génomique. Ce document d’orientation 2010-2020, sous-titré « une science pour l’impact » tant il marque un tournant structurant, a été adopté par le Conseil d’Administration de l’Inra le 18 juin 2010. Il est le fruit d’échanges internes et externes qui ont duré presque deux années. Il trace un cap et inspirera notre dialogue avec nos partenaires.

Années 2000 : le développement durable, un enjeu mondial

En ce début de XXIème siècle, la dimension globale de thématiques telles que l'alimentation, la sécurité alimentaire, la biodiversité, les bioénergies, les maladies, le changement climatique, etc. met en évidence la nécessité d'agir pour un développement durable et oriente les recherches. Ces problématiques autour de l'alimentation, de l'agriculture, de l'environnementet des territoires, intimement liées, redeviennent prioritaires pour la société. Pour les traiter, l'Inra poursuit une forte politique de partenariats scientifiques, avec le développement d'unités mixtes associant instituts de recherche, université et enseignement agronomique et vétérinaire. En même temps, il ouvre et diversifie ses partenariats socio-économiques pour mieux orienter ses recherches. Les approches scientifiques évoluent : l'institut développe des recherches interdisciplinaires qui font appel à des disciplines et compétences plus larges, intègrent tous les critères de la durabilité, et s'appuient sur des outils et des techniques de recherche en pleine évolution qui ouvrent de nouvelles perspectives pour la compréhension du vivant. La finalité de la recherche agronomique est aujourd'hui de contribuer à une alimentation saine et équilibrée, une "éco-agriculture" compétitive, une valorisation performante des produits de l'agriculture et de la forêt, un environnement préservé, un espace rural valorisé… pour un développement durable au niveau planétaire.

 

Années 1990 : l'élargissement des champs de compétences sur fond de crises alimentaires et de préoccupations environnementales

Dans les années 1990, les crises liées à la sécurité sanitaire des aliments se multiplient. La demande des consommateurs pour une alimentation sûre et de qualité s'impose et devient un élément économique moteur par rapport aux secteurs de la transformation et de la production. Parallèlement, les préoccupations des citoyens sur l'environnement s'amplifient. C'est dans ce contexte que l'Inra élargit ses champs de compétence aux interactions entre agriculture, alimentation et environnement. Dans le domaine de l'alimentation, la santé de l'homme devient un élément central des problématiques de recherche. Il devient nécessaire de travailler sur l'alimentation et plus seulement sur les aliments. Dans le domaine de l'environnement, les recherches s'étendent à la préservation des ressources naturelles et à l'étude de l'impact des activités agricoles sur les écosystèmes.

Années 1980 : l'essor des biotechnologies

Dans les années 1980, les questions agricoles et agroalimentaires se complexifient : phénomènes de surproduction, instauration de quotas laitiers, prise de conscience de la pollution due aux activités agricoles, première politique agricole commune… Partout, les questions sur l'environnement, les conditions de production et la qualité des produits deviennent pressantes. À partir de cette époque, l'essor des biotechnologies marque le monde de la recherche. L'Inra participe au programme mobilisateur de 1982 sur les biotechnologies. La biologie moléculaire est mise à l'honneur. Une modification profonde des modes d'investigation du vivant, des pratiques de recherche ainsi que de l'évaluation des chercheurs est à l'oeuvre. L'Inra réussit un véritable "tournant accadémique" visant à l'excellence scientifique. En 1984, l'institut devient un établissement public à caractère scientifique et technologique, sous la tutelle conjointe des ministères en charge de la Recherche et de l'Agriculture. Ses missions incluent, en particulier, l'amélioration de la qualité des produits et leur adaptation à la demande des consommateurs ainsi que la protection et la gestion des ressources naturelles et de l'espace rural.

Années 1970 : le tournant de l'agroalimentaire

Dans les années 1970, la France devient exportatrice de denrées alimentaires et se trouve bientôt confrontée à des excédents dans certains secteurs. De nouveaux objectifs se dessinent alors en terme de qualité des produits et de valeur ajoutée. Désormais, les recherches de l'Inra concernent également la transformation de la "matière première" agricole. La microbiologie et les sciences de l'ingénierie se développent. Les partenariats avec l'industrie, notamment les PME-PMI, sont en plein essor et l'Inra favorise ou suscite la création de pôles agroalimentaires régionaux. La France devient premier exportateur de produits agroalimentaires ; l'agriculture est alors présentée comme le "pétrole vert". La crise énergétique de 1973 pousse l'Inra à s'intéresser aux problématiques liées à l'environnement et au développement local :"pour une agriculture plus autonome et plus économe "selon les mots du président-directeur de l'Inra, Jacques Poly (1978).

1946 : la science au service du développement de l'agriculture

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, la France est en situation de pénurie alimentaire. Son agriculture accuse un retard considérable par rapport à celle des grands pays développés et ne permet pas de subvenir aux besoins alimentaires de la population. C'est dans ce contexte que l'Inra est créé, en 1946, avec pour mission de mettre la science et la technologie au service du développement de l'agriculture en améliorant les techniques de production (culture et élevage) et la sélection génétique végétale et animale. La "révolution agricole" s'opère : l'agriculture est de plus en plus productive, spécialisée et régionalisée. Cette modernisation est accompagnée par l'impulsion de la profession qui s'organise et par l'appui de politiques publiques volontaristes. À la fin des années 1960, la France est autosuffisante pour son alimentation. L'Inra est dès cette période incité à se développer dans les régions.