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Le premier micro-ordinateur de l’histoire,  né de la rencontre entre l’agronomie et l’informatique

Dans les années 70, Alain Perrier, chercheur en bioclimatologie à l’Inra conçoit un nouvel appareil pour mesurer l’évapotranspiration des cultures permettant ainsi de piloter l’irrigation des plantes cultivées. Il a l’idée originale pour l’époque de faire appel à un informaticien, François Gernelle, pour automatiser cet appareil : en 1973, le premier micro-ordinateur était né.

Micral, premier microordinateur. © Inra
Mis à jour le 18/04/2016
Publié le 10/12/2003

Autrefois, les mesures d'évapotranspiration étaient faites par pesées du sol. Cherchant à concevoir un système de mesure plus fiable applicable sur n'importe quel sol, Alain Perrier a l'idée de mesurer l'eau évaporée dans l'air. Des capteurs placés entre 40 et 70 cm au dessus du sol mesurent les variations de concentration d'eau et de température dans l'air, permettant une mesure d'évaporation sur de grandes surfaces (jusqu'à 2500 m2) et avec une grande précision.
Deuxième idée originale, pour gérer le fonctionnement mécanique des capteurs et stocker les données, Alain Perrier fait appel à l'informatique. C'est en répondant à son appel d'offre que François Gernelle conçoit en 1973 le premier micro-ordinateur de l'histoire de l'informatique : le Micral (petit en argot). À l'issue d'une collaboration de plusieurs années au cours desquelles l'agronome et les informaticiens écrivent eux-même les programmes, le système baptisé BEARN (Bilan d'Energie Automatique Régional et Numérique) est opérationnel et reçoit le prix de l'Académie des Sciences en 1978. Progrès considérable vers l'automatisme, cet appareil à composantes physique et informatique, peut enregistrer des données sur le terrain, au milieu des champs, pendant 3 mois et, par une méthode de calcul complexe, fournir la valeur de l'évapotranspiration tous les ¼ d'heure.
BEARN a permis des mesures en France, sur des cultures de luzerne, maïs, blé, dans des plantations d'ananas en Côte d'Ivoire et de canne à sucre en Guadeloupe.

Les milliers de données enregistrées ont contribué au développement des modèles utilisés actuellement en météorologie et qui prennent en compte la participation des végétaux dans les bilans globaux de circulation d'eau et plus généralement d'énergie.
Alain Perrier a été l'un des premiers à souligner l'importance de la partie continentale de la terre dans les flux d'énergie. En effet, les deux tiers de l'eau condensée, à l'origine des pluies continentales, proviennent de l'évapotranspiration du sol et du couvert végétal. Réduire l'évapotranspiration, par la déforestation par exemple contribue à réduire les pluies sur de grandes régions et à provoquer réchauffement et désertification.

Le 10 décembre 2003, l'AHTI (Association pour l'Histoire des Télécommunications et de l'Informatique) organisait au Musée des Arts et Métiers un colloque pour le 30e anniversaire du premier microordinateur, le Micral N. Au cours de cette manifestation, François Gernelle, devait remettre son propre exemplaire au Musée des Arts et Métiers.

Note : François Gernelle travaillait à l'époque pour R2E, société créée par des anciens d'Intertechique

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

  • Alain Perrier Unité de recherche Environnement et grandes cultures INRA-INA PG