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Quelques figures emblématiques de l'Inra. © Inra, GAVALDA Véronique

Figures de l'Inra

Jean Fioramonti : des recherches à plein tube

Jean Fioramonti a réalisé une remarquable carrière en physiologie gastro-intestinale, contribuant à de nombreux résultats majeurs reconnus au niveau international. Découvreur ingénieux, il se lance dans la motricité du tube digestif… Attentif à la progression de la recherche médicale, perspicace, ce chercheur a su engager son unité puis son département vers les thématiques novatrices de sa discipline.

Par Cécile Poulain
Mis à jour le 15/06/2017
Publié le 02/12/2013

Contribuer à la recherche en sciences digestives

L’intestin, le long duquel Jean Fioramonti s’est promené pendant presque 40 ans, est un« champ d’exploration d’une grande liberté »et la physiologie digestive « une thématique très large où l’on peut s’éclater ! » Inspiré, enthousiaste, ce prolifique directeur de recherches a publié quelque 266 articles scientifiques, 81 revues ou chapitres de livres, 442 communications dans des congrès et 38 conférences ! Ses publications ont induit plus de 8 000 citations avec un indice de Hirsh de 45.

Jean Fioramonti débute en 1972 un doctorat sur la motricité intestinale chez le lapin suite à un DEA de physiologie de la nutrition, puis poursuit en 1981 par une thèse d'état sur la motricité comparée du gros intestin chez dix espèces de mammifères à l’Inra. Aux débuts des années 80, le jeune chercheur révolutionne la physiologie digestive en montrant que l’absorption intestinale est dépendante de la surface en contact avec l’aliment et non du temps de transit. Passionné par les expérimentations animales à visée humaine, il établit des collaborations avec des gastro-entérologues et rapproche l’Inra des pathologies du tube digestif. Jean Fioramonti devient à quarante-et-un an responsable d’une équipe leader international sur ce domaine. Intuitif, il applique à ses recherches les découvertes d’autres disciplines médicales qu’il suit de près : « ces échanges transdisciplinaires permettent d’anticiper ! Il faut ensuite creuser ces sujets que l’on pressent comme porteur jusqu’à ce qu’ils s’épuisent ».

Recherches intestines

Jean Fioramonti et son équipe © Inra, C. Slagmulder
Jean Fioramonti et son équipe © Inra, C. Slagmulder
Touche-à-tout mais persévérant et minutieux, le chercheur explore de nouvelles voies, expérimente et publie presque trop tôt des articles qui passent alors inaperçus… Jean Fioramonti« joue », publie des papiers « très amusants » : « l’étude de la motricité nous a amenés vers l’absorption intestinale, le débit sanguin puis vers la perméabilité intestinale : les cellules de l'épithélium intestinal, non soudées, laissent transiter des éléments indésirables et un simple stress peut modifier cette perméabilité ! » Son équipe montre notamment qu’un stress néonatal sur des ratons a des incidences sur la perméabilité intestinale et la sensibilité viscérale douloureuse à l’état adulte. Une première ! Cette expérimentation est devenue un modèle pour étudier les effets à long terme de la nutrition néonatale. Ils explorent ainsi les liens entre l’inflammation, la douleur, la perméabilité intestinale, l’immunité et le système nerveux. Jean Fioramonti publie également un très joli papier cité une cinquantaine de fois sur le lien entre les allergies alimentaires et le système nerveux et dépose un brevet sur un probiotique producteur de monoxyde d’azote réduisant l'hypersensibilité douloureuse du côlon.

Directeur adjoint du laboratoire de pharmacologie et toxicologie de l’Inra, directeur pendant dix ans de l'unité neuro-gastrologie et nutrition, puis en 2004 chef adjoint du département alimentation humaine, il oriente avec clairvoyance l’Institut dans des domaines prometteurs. Membre des comités de direction d'associations européenne et internationale de neuro-gastro-entérologie, Jean Fioramonti suit et organise des congrès de gastro-entérologie et reçoit en 2010 un prix pour sa contribution à la recherche en sciences digestives de l’association américaine de sa discipline. Très présent dans son laboratoire, il a dirigé de nombreux programmes de recherche collectifs et a coordonné une douzaine de thésards. Beaucoup d’équipes scientifiques ont ainsi bénéficié de son expertise en physiologie animale et humaine. Jean Fioramonti décède le 20 novembre 2015 à l'âge de 67 ans.

(1) Inra - École Nationale Vétérinaire de Toulouse - École d'ingénieurs de Purpan - Université Toulouse 3 - Paul Sabatier

 © Inra, C. Maître

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