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Agriculture et environnement : indissociables pour changer de modèle

Stéphane Travert, Ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, et Nicolas Hulot, Ministre de la Transition écologique et solidaire, ont été accueillis le 10 juillet 2017 dans les laboratoires de l’Inra à Versailles. À quelques jours des États généraux de l’Alimentation, les Ministres ont affirmé leur volonté de travailler de concert et redit tout leur intérêt pour les solutions que peuvent apporter la recherche et l’innovation agronomiques au service de modèles performants sur le plan économique et environnemental. Quelques exemples emblématiques leur ont été montrés au cours de leur visite.

Par Nicole Ladet
Mis à jour le 12/07/2017
Publié le 11/07/2017

« Vous n’arriverez pas à opposer agriculture et environnement, nous devons travailler en commun pour trouver des solutions et surmonter la crise. » a déclaré Stéphane Travert devant la presse au terme de la visite du centre Inra de Versailles qu’il effectuait avec Nicolas Hulot. Le Ministre de la Transition écologique solidaire confirme « On partage la même ambition de faire prendre au modèle agro-alimentaire un virage, avec l’ambition d’atteindre l’autonomie alimentaire en France. Nous devons prendre en compte les multifonctionnalités [de l’agriculture]. »

En les accueillant, Philippe Mauguin, PDG de l’Inra, exprime l’engagement de l’Inra pour une agriculture qui assure une alimentation saine et adaptée aux besoins des populations, respectueuse de l’environnement et intégrée dans les territoires. Les cinq orientations de la recherche Inra à l’horizon 2025 traduisent cet engagement : sécurité alimentaire mondiale, adaptation de l’agriculture au changement climatique, alimentation, bioressources et multiperformance de l’agriculture.

Muti-performance et multifonctionnalité des agricultures

Première étape de la visite : la plateforme de phénotypage où 4 robots accueillent 700 plantes chacun avec 4 stations de pesée et d’arrosage pour moduler les apports en nutriment et en eau. Les automates mesurent ainsi la réponse de la plante modèle Arabidopsis thaliana à des contraintes reproduisant celles rencontrées au champ. Ces expérimentations leur sont présentées par Anne Krapp et Olivier Loudet, directeurs de recherche à l’Institut Jean-Pierre Bourgin de l’Inra de Versailles. L’objectif de leurs recherches : la tolérance de plantes à la sécheresse, un stress majeur et de plus en plus récurrent avec le changement climatique, et la nutrition azotée, l’azote du sol étant souvent le facteur le plus limitant pour la croissance des plantes et le rendement des cultures.

Deuxième étape : les travaux sur la biomasse dans une optique de bioéconomie. Herman Hofte, directeur de recherche, présente aux Ministres le projet Biomass for the future BFF qui cherche à mettre au point une production de bioénergies, ou de biomatériaux pour le bâtiment ou l’automobile. Il s’agit d’utiliser pour cela des terres délaissées, ensemencées avec du miscanthus, une culture pérenne à faible impact environnemental ou avec du sorgho, culture annuelle, adaptée au Sud de la France et économe en eau. Philippe Mauguin souligne les partenariats originaux mis en œuvre dans le cadre ce projet d’Investissement d’avenir : par exemple PSA et Faurecia pour l’automobile ou les Ciments Calcia.

Un « exemple prometteur de l’alliance entre intelligence de l’Homme et de la nature »

Le troisième laboratoire explore les sens chimiques des insectes. « Ici, explique Emmanuelle Jacquin Joly, directrice de recherche à l’Institut d’Écologie et des sciences de l’environnement, sont étudiées les réponses des insectes aux signaux olfactifs et gustatifs ». Fonctionnement des neurones, cerveaux, antennes de mouches, papillons et autres insectes sont auscultés dans différents « paysages chimiques ». Grâce à ces connaissances, les chercheurs mettent au point des stratégies de biocontrôle, ou des approches pour rendre les cultures défavorables aux insectes ravageurs. La visite se conclut par l’observation d’un charançon rouge du palmier parcourant une boule sur laquelle il est soumis à différentes odeurs. Pour Nicolas Hulot ces travaux sont un « exemple prometteur de l’alliance entre l’intelligence de l’Homme et celle de la nature ».

Stéphane Travert rend hommage au travail des chercheurs « qui transforment notre rapport à l’environnement et à l’agriculture » en vue de répondre à 4 enjeux : performance sociale, économique, environnementale et sanitaire. « Les agriculteurs doivent pouvoir vivre dignement de leur métier. Nous devons les aider avec la recherche et l’innovation » poursuit-il. « Avec les États généraux de l’alimentation qui seront lancés avec le Président de la République, on va pouvoir tout mettre sur la table : confiance des consommateurs dans leur alimentation, agriculture vertueuse pour l’environnement, objectif de souveraineté alimentaire, bien-être animal… ». Le rendez-vous est donc pris dès le 20 juillet pour le lancement des États généraux de l’alimentation où témoigneront de nombreux chercheurs Inra.