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L’évaluation agri-environnementale : mesurer le changement

L’évaluation agri-environnementale permet le diagnostic, l’accompagnement et l’évaluation de politiques publiques comme des parcours des exploitations ou des territoires vers des systèmes agricoles innovants. Elle fait appel à un large ensemble d’indicateurs et de méthodes. Qu’attendre de ces outils ? Peuvent-ils faire consensus ? Ces questions étaient au cœur des discussions du Carrefour de l’innovation agronomique (Ciag) du 12 septembre 2013.

CIAG Evaluation Agri-environnementale 12/09/2013. © Inra, Christophe MAITRE
Par Nicole Ladet
Mis à jour le 08/01/2014
Publié le 19/09/2013

Une acuité nouvelle avec l'orientation vers l'agroécologie.

La nécessité de points de repère évalués par des indicateurs ou des méthodes est apparue dès la mise en place du 2e pilier de la politique agricole commune incitant à une agriculture plus respectueuse de l’environnement par des mesures agri-environnementales (MAE). Comment situer son exploitation ? Comment justifier de l’utilisation de fonds publics ? L’approche initialement « régalienne », vécue comme un contrôle par les agriculteurs, s’est transformée en approche régulatrice : mesurer l’efficacité d’une politique publique, ou même en ressource pour que les agriculteurs et professionnels puissent piloter la transition des systèmes de production. Ces questions prennent toute leur acuité avec la volonté politique du ministère de l’Agriculture français d’inciter à une orientation « agro-écologique ». Or, qualifier ou quantifier l’effet d’une politique ou d’une mesure agri-environnementale nécessite l’utilisation d’indicateurs avant, pendant et au terme du processus. Le diagnostic initial permet d’évaluer et de définir la situation de départ, à fournir des données et des repères pour fixer et quantifier les objectifs. Il prépare la phase de suivi pendant laquelle l’évaluation agri-environnementale doit se fonder sur des indicateurs reconnus et partagés par tous (responsables politiques, agriculteurs, acteurs du développement agricole, etc.), et si possible d’une mise en œuvre simple et répondant aux variations de pratiques. Enfin, l’évaluation finale permet d’apprécier l’efficacité de la politique, l’atteinte ou non de ses objectifs.

Des indicateurs sur mesure pour des enjeux globaux

Plusieurs des travaux présentés lors de ce Carrefour ont souligné la nécessité de se donner des objectifs les plus globaux possibles, car un objectif local peut être contradictoire avec un objectif plus global, ou se traduire par des transferts d’impact, sur d’autres étapes du cycle de production et de transformation, ou sur une autre composante. Ainsi, le désherbage mécanique s’il diminue localement l’emploi de pesticides peut avoir pour effet l’augmentation de la consommation d’énergie. L’Analyse de Cycle de Vie (ACV) offre un cadre structurant pour de telles réflexions. Tous les exposés ont également montré que la qualité des indicateurs ou des méthodes ne pouvait s’élaborer que dans un travail de contextualisation local au plus près des acteurs et de leurs enjeux. Par exemple, la recherche de systèmes innovants dans la Pampa argentine gagnée par la monoculture de soja OGM résistant à un même herbicide et implanté en semis direct montre que des systèmes alternatifs plus durables existent. Mais déceler, évaluer ces systèmes compétitifs et prometteurs au plan agri-environnemental exige de prendre en compte non seulement des indicateurs classiques mais aussi d’autres indicateurs directement adaptés aux enjeux des producteurs. D’autres travaux réalisés dans différentes régions françaises, montrent qu’obtenir un consensus sur l’utilisation de repères communs nécessite une appropriation dans le temps : appropriation des connaissances de la recherche par les acteurs de terrain, formation du développement agricole à l’utilisation de ces outils en tant que démarche intégrante de leur conseil, prise en compte par les chercheurs des enjeux et remontées du terrain pour ajuster les modèles, bases de données, objectifs, etc.

L’Inra et tous les acteurs partenaires de ce Ciag : Assemblée permanente des chambres d'agriculture (APCA), Agro-Transfert ‘Ressources et Territoires’, réseau des instituts techniques agricoles (Acta) doivent renforcer les modalités de ces collaborations déjà initiées via plusieurs dispositifs : GIS Relance Agronomique, GIS Filières, programmes CASDAR, PSDR, etc. Aider les agriculteurs à progresser vers des pratiques culturales et des systèmes de production plus respectueux de l’environnement et à gérer durablement les ressources naturelles locales ou globales nécessitera aussi d’investir dans la formation et dans la prise en compte du pilier social.

S’orienter parmi les indicateurs

PLAGE, Réseau d’acteurs et plate-forme WEB

Depuis les années 90, les politiques agri-environnementales ont engendré un foisonnement d’indicateurs développés indépendamment par différents concepteurs. Un gain est donc à attendre tant d’une mutualisation des données que des critères de comparaison entre indicateurs afin d’en rendre le choix plus lisible pour leurs utilisateurs. Le réseau Plage, coordonné par l’Agro-transfert « Ressources et territoires », en partenariat avec l’Inra, l’Institut Lasalle Beauvais et les chambres d’agriculture de Picardie a permis de faire travailler ensemble concepteurs (chercheurs, firmes) et utilisateurs (conseillers agricoles, agriculteurs, enseignants agricoles) pour mieux connaître l’offre d’outils et les indicateurs nécessaires à leurs calculs. De ces travaux, un véritable outil d’aide au choix pour les utilisateurs a ensuite pu être élaboré et mis à disposition sur une plate-forme web ouverte début 2013 (http://www.plage-evaluation.fr). Il guide l’utilisateur dans le choix de ses critères pour comparer les outils et identifier ceux qui correspondent à ses besoins. Le réseau a également vocation à mieux appréhender les besoins. Les réseaux sociaux permettent le partage de retours d’utilisateurs et la remontée d’informations aux concepteurs.

Retrouver les vidéos et publications du Carrefour

Le carrefour de l’innovation agronomique « L’évaluation agri-environnementale au service d'une agriculture durable » s’est tenu le 12 septembre 2013, à l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA), Paris. Il était organisé par l’Inra, en partenariat avec l’APCA, l’Acta et l’Agrotransfert « Ressources et territoires ».